Open Data à Lyon : Comment la Métropole transforme l’accès à l’information

Derrière l’expression « open data à Lyon », il y a des URL qu’on peut appeler depuis un terminal. Voici ce que la Métropole publie vraiment, sous quelle licence, et ce qui répond — ou pas — sans authentification.

Définition et spécificités de l’open data à Lyon #

L’open data désigne la mise à disposition de données numériques librement accessibles, réutilisables et redistribuables. À Lyon, cette diffusion n’est pas un choix éditorial : elle découle du livre III du Code des relations entre le public et l’administration, dont l’article L. 312-1-1 est issu de la loi pour une République numérique de 2016, celle qui « fait de l’ouverture des données publiques par défaut la règle ».

La loi ne dit pas seulement quoi publier, elle dit comment : format ouvert, aisément réutilisable et exploitable par un système de traitement automatisé, donc pensé pour la machine avant l’humain. D’où le GeoJSON et les flux normalisés plutôt que le PDF scanné.

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Deux limites encadrent l’ouverture, écrites elles aussi : les documents couverts par un secret légal (articles L. 311-5 et L. 311-6 du CRPA) ne sont diffusés qu’après occultation, et ceux qui contiennent des données à caractère personnel doivent être anonymisés, sauf dans les trois cas prévus par la loi.

Panorama de la plateforme DataGrandLyon et de ses usages #

Le portail se présente comme « les données des acteurs du territoire de la Métropole de Lyon ». Il n’expose pas une interface mais plusieurs briques, qui n’ont pas le même niveau d’ouverture. Voici ce que renvoient leurs points d’entrée, testés le 1er septembre 2026.

BriqueÀ quoi elle sertFormatsRéponse
GeoServer (OGC)Interroger les couches géographiques, alimenter un SIG ou une carte webWFS 2.0.0 · GeoJSON · CSV · SHP200 — ouvert
TéléchargementRécupérer les fichiers bruts et les archives complètesJSON · ZIP · PDF · NeTEx200 — ouvert
DatapusherServir séries temporelles et tables à une appli tierceJSON · CSV200 sur les jeux publics
SIRI LitePosition des véhicules, horaires estimés, perturbationsSIRI Lite JSON401 — accès requis
489
jeux de données de la Métropole référencés sur data.gouv.fr
422
couches déclarées par le GetCapabilities WFS de la plateforme
465
stations Vélo’v dans le flux temps réel GBFS

L’écart entre ces chiffres n’est pas une contradiction : une couche cartographique n’est pas un jeu de données, et le catalogue national ne moissonne pas tout. D’où la méfiance à avoir envers les grands totaux ronds : un nombre de jeux de données ne veut rien dire tant qu’on n’a pas précisé où on l’a compté.

Cas concrets d’utilisation des jeux de données ouverts à Lyon #

Plutôt que des applications dont on ignore si elles tournent encore, voici quatre jeux réellement en ligne, avec producteur et licence.

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Vélo’v en temps réel

Flux GBFS 2.3 publié par la Métropole sous Licence Ouverte 2.0 : vélos disponibles et bornes libres, station par station, ttl d’une seconde. Le standard mondial du vélo en libre-service.
HTTP 200 · sans clé

Réseau TCL

Horaires théoriques en GTFS et NeTEx, temps réel en SIRI Lite. Le producteur est SYTRAL Mobilités, pas la Métropole, et la licence est une licence mobilité.
401 sur le temps réel

Zone à faibles émissions

Le périmètre de la ZFE en GeoJSON, CSV et Shapefile, délibération 2019-3326 jointe. Une version suit le schéma ZFE national, donc comparable aux autres métropoles.
HTTP 200 · Licence Ouverte 2.0

Comptage des mobilités

Sites de comptage et mesures, en CSV, GeoJSON et Shapefile. Particularité qui change tout : ce jeu-là est sous ODbL, pas sous Licence Ouverte.
HTTP 200 · ODbL

Principes fondateurs et enjeux de la transparence dans la métropole #

Le discours institutionnel tient en quatre mots : exhaustivité, fraîcheur, accessibilité, libre réutilisation. Deux d’entre eux méritent une correction.

La licence n’est pas uniforme

Sur un échantillon de jeux de la Métropole publiés sur data.gouv.fr, l’immense majorité porte la Licence Ouverte 2.0 : réutilisation libre, y compris commerciale, à la seule condition de citer la source et la date de mise à jour. « Comptage des mobilités » est lui sous ODbL, qui ajoute une clause de partage à l’identique sur la base dérivée. Vérifiez la licence du jeu, jamais celle du portail.

« Accessible à tous sans condition » ne se vérifie pas partout

La gratuité est réelle : aucun jeu consulté ne demande de paiement. L’accès sans condition connaît en revanche des exceptions, comme le 401 du SIRI Lite. Le guide juridique de data.gouv.fr est explicite : soumettre la consultation à la création d’un compte « n’emporte pas la qualification de diffusion publique ».

Ce que ces données ne permettent pas #

C’est la partie que les articles sur l’open data oublient, et celle qui fait perdre du temps. La fraîcheur affichée est indicative : la fréquence de mise à jour est une déclaration du producteur, pas un engagement. L’ouverture ne rend pas non plus les données comparables : deux couches issues de deux services peuvent utiliser des identifiants incompatibles. Enfin, il faut savoir lire un GeoJSON, appeler un WFS ou comprendre un GTFS pour dépasser la consultation d’une carte.

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Diversité des acteurs impliqués dans l’ouverture des données à Lyon #

L’ouverture des données lyonnaises ne repose pas sur un acteur unique, et c’est là que les raccourcis se glissent. Qui fait quoi, selon ce que chaque organisation dit d’elle-même.

Métropole de Lyon

Opératrice du portail et productrice de la majorité des jeux (Vélo’v, ZFE, comptages, autopartage). C’est elle que vise l’obligation de diffusion.

SYTRAL Mobilités

Producteur des données du réseau TCL, hébergées sur la plateforme mais sous sa propre licence. Les confondre, c’est se tromper de conditions de réutilisation.

Atmo Auvergne-Rhône-Alpes

Organisme d’intérêt général agréé par le ministère de la Transition écologique pour la surveillance de la qualité de l’air. Il produit ces données, il ne les réutilise pas.

Recherche publique

Le LIRIS est l’UMR 5205 commune au CNRS, à l’INSA Lyon, à Lyon 1, à Lyon 2 et à Centrale Lyon — un seul laboratoire, pas plusieurs contributeurs distincts.

Un raccourci fréquent, pour finir : La 27e Région est souvent présentée comme un collectif de cartographie citoyenne lyonnais. Elle se définit en réalité comme « une association d’intérêt général, composée de collectivités et d’administrations » — un laboratoire de transformation publique, sans rattachement particulier à Lyon.

Perspectives d’évolution et défis de l’open data lyonnais #

Le prochain mouvement ne viendra pas de Lyon mais de Bruxelles. La directive européenne 2019/1024, dite « directive Open Data », définit les données de forte valeur comme les documents « dont la réutilisation est associée à des bénéfices importants pour la société, l’environnement et l’économie ». Le règlement d’exécution 2023/138 en a fixé la liste, à mettre à disposition gratuitement pour le 9 juin 2024 — géospatial, observation de la Terre et mobilité compris, soit le cœur de ce que publie une métropole.

Les chantiers restants sont mesurables : granularité des jeux, ouverture effective des API — le 401 du temps réel TCL en est l’illustration —, interopérabilité avec les catalogues nationaux et européens, arbitrage permanent avec le RGPD. Sur ce dernier point, la règle n’a pas bougé depuis 2016 : ouvrir par défaut, occulter ce que la loi protège.

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Questions fréquentes #

L’open data est-il obligatoire pour une collectivité ?+
Oui, au-delà d’un seuil : « une collectivité territoriale de plus de 3 500 habitants et de plus de 50 agents », selon le guide juridique de data.gouv.fr. Sont concernés l’inventaire des documents administratifs, les bases de données produites dans le cadre des missions de service public et les données d’intérêt économique, social, sanitaire ou environnemental.
Peut-on réutiliser ces données dans un projet commercial ?+
Sous Licence Ouverte 2.0, oui, à condition de citer la source et la date de dernière mise à jour. Sous ODbL, l’usage commercial reste possible mais impose de repartager la base dérivée sous la même licence. La licence figure sur la fiche de chaque jeu.
Quels formats et protocoles sont réellement disponibles ?+
Sur les jeux consultés : CSV, GeoJSON, Shapefile, JSON et PDF côté fichiers ; WFS 2.0.0 côté service géographique ; GTFS, NeTEx, SIRI Lite et GBFS côté mobilité. La loi impose des formats exploitables par un traitement automatisé, d’où cette panoplie.
Les données de transport en temps réel sont-elles ouvertes ?+
Cela dépend du réseau. Le flux GBFS des Vélo’v répond en HTTP 200 sans authentification et couvre 465 stations. Le SIRI Lite du réseau TCL renvoie un HTTP 401 : il relève de SYTRAL Mobilités et d’une licence distincte.
Comment les données personnelles sont-elles protégées ?+
Le cadre général interdit la diffusion en ligne de documents contenant des données à caractère personnel sans anonymisation. Trois exceptions : une disposition législative spécifique, l’accord des personnes concernées, ou la liste du décret n° 2018-1117 du 10 décembre 2018.
Méthode & sourcesRelevés le 1er septembre 2026 sur : data.grandlyon.com et son service WFS ; la page de l’organisation Métropole de Lyon sur data.gouv.fr ; les fiches Vélo’v temps réel, réseau TCL et ZFE ; le guide juridique de data.gouv.fr (qui est concerné, quelles obligations, licences autorisées) ; Atmo Auvergne-Rhône-Alpes. Les volumes évoluent : recomptez avant de citer.

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